...C'est drôle...Comme je peux être une chose, une chose qui est là...par exemple, à ce moment-ci de ce récit, la chaise sur laquelle je suis assis...en même temps l'écran que je regarde...Le clavier où mes doigts courent...Le mur derrière l'écran..Un bout d'un dessin accroché au mur derrière l'écran...A force de n' être rien, j'arrive à être tout de ce que je vise dans mon entourage immédiat..Je suis là, sans y être, entouré de près par les choses qui ne savent rien de moi...Parmi elles, je suis le rien de la chose ou une presque chose ou encore le presque rien d'une presque chose, de toute façon un rien de chose de rien entre la totalité des choses du monde. Cette chose de néant s'appelle la solitude. Je ne suis pas un homme.
...A chaque instant, à chaque instant de chaque instant, à chaque instant de chaque instant de chaque moment, à chaque instant de chaque instant de chaque moment de chaque instant..."On" se demande..."On" ne sait qui il est et ce dans quoi il est...Il est ici à la fine pointe de ce moment-ci ou de ce moment-là mais pourrait aussi bien être au Buffet de la gare à boire une bière et à regarder les jambes de la serveuse ou encore à prêcher dans les désert d'Utah ou bien à marier sa fille selon le rite juif...ou encore à ne jamais plus se lever ou même à ne plus vouloir s'endormir ou encore encore être parachutiste dans la 32 ème aéroportée ou encore encore en train de dresser la table dans un restoroute ou tenir un chenil ou un manège où il serait chien et cheval ou bien voilà président d'un club de foot, le PSG ou Celtic Glasgow mais ce n'est qu'un exemple..Anachorête dans le désert d'Atacama assis sur un nid de scorpions bavards..."On"alors qu'il écrit tout ça pourrait bien sûr être toutes ces choses de rien-là et bien d'autres comme un autre que "ON " par exemple à qui "On" dirait bonjour en se disant tiens je connais ce gars-là ou être aussi celui-là, ce non-"On" à qui dit bonjour ce "On" que "On" pourrait être et qu'il croit reconnaître même s'il n'est pas du tout mais pas du tout sûr qu'il le reconnaisse vraiment enfin c'est ce qu'il croit ... Il faut bien commencer quelque part, poser le pied même s'il n'y a rien sur quoi poser son pied...Ce n'est pas grave...Commencer est ce qu'il y a de plus difficile...Continuer alors est plus aisé, avancé comme "On" dit souvent à ses amis "Je" et "Tu", un pas puis l'autre et ...se donner l'envie d'exister...l'impression en tout cas...Alors "On" se dit que c'est bien mieux, qu'une fois installé dans le commencement, il n' y a plus qu'à se laisser faire, à l'étirer, l'étendre et l'allonger ..."On" ne s'imagine pas que les débuts sont si élastiques qu'ils vont jusqu'à toucher la fin...Continuer, c'est l'extension de l'origine...bon avec de moins en moins de matière, forcément...Continuer exige moins de rigueur que le commencement...Finir pose moins de problème...A vrai dire, croire qu'il a un problème à finir, c'est penser qu'on aurait pas dû commencer...Finir, c'est simple, les choses de rien s'arrêtent et voilà tout, et voilà rien...Mais "On" est curieux puisqu'il a continué, c'est que la curiosité lui travaille la langue comme un long ténia assoiffé de réponse...La curiosité permet à "On" de croire (j'ai déjà dit que "On" adorait croire) qu'il a eu raison de croire à croire à l'extension c'est à dire au continuum...Car ... "On" cherche quelque chose....Quelque chose qu'il ignore avoir sûrement déjà trouvé et qu'il ne peut plus trouver puisqu'il l'a...Ce qu'il est..."On"...Une façon de voir les choses comme stupéfaites, saisies, mat...innocence des choses pour qui rien n'arrive de leur faute..."On" ne verrait pas les choses de cette façon mais "On" vit toujours au présent dans chaque moment de chaque instant de chaque moment...Même si "On" sait que ça coule ou que ça se passe..."On" regarde les choses...Sa vie se résume à cela...une chambre close avec vue sur les choses, rondes, composées, carrées, sphériques, polyédriques, unies, solitaires, enchevêtrées...La prose des choses...Alors "On"respecte..et les poussières se posent dans ce vide qui s'appelle lui et qui le font éternuer...c'est toujours ça...lui...quand "on" frappe, au moins, il y a quelqu'un...et comme il y a certainement quelqu'un (c'est indubitable), "on" peut engager le dialogue et se dire mon vieux comment vas-tu, t'ai-je déjà parlé de, et de ou alors si ??
(Souvent "On" peut voir "On" débattre avec lui-même, souvent le matin encore plus souvent le soir, hochant souvent la tête d'un air navré, interpellant les murs ou les poubelles. "On" parle tout seul. C'est son mode de non-être.)
Parfois "On" ne sait plus...qui ou comment ça s'est fait que ça...ou que ça se soit fait de cette manière-là...ça...et puis ça...le dernier mot qu'"On"articule tout bas...ça...pour dire le peu de ça...le si peu de ça...ça qui englobe tout...ça plus grand que tout....ça...ça est bien apparu...inscrit en face de moi sur le mur jaune que je devrais repeindre...Une ride s'est mise à sourire...un mot trouvé, même un mot aussi insignifiant, aussi simple ou neutre ou vague que ça, c'est une pause...une pause dans ce qui se perd...ou plutôt non, pas une pose...la promotion du rien...., un nom qui fait vivre l'incongru...qui permet de pousser jusqu'à l'instant suivant...même tu ou insu...alors d'un coup...d'un coup un moment on est rassuré...car je suis ça au moins...Le progrès tonne comme une évidence, il y a enfin de l'individu..."Je" n'est plus "On"..."Je" est "Je" face à ça...C'est mieux...Mais "je" veut plus qu'être devant ça...devant cet homme, cette table, Théétête ou mon chien, ou ma télé...Ce que "je" veut, c'est être plus loin, aller plus en avant, appartenir totalement à ça, dans les choses comme dans le ventre de sa mère...donc "je" n'est pas là..."je" est ça..."je" s'aperçoit qu'il avance...les lieux ont disparu...ni là et donc pas d'ici...mais que faire du temps s'il n'y a plus d'espace...
...A chaque instant, à chaque instant de chaque instant, à chaque instant de chaque instant de chaque moment, à chaque instant de chaque instant de chaque moment de chaque instant..."On" se demande..."On" ne sait qui il est et ce dans quoi il est...Il est ici à la fine pointe de ce moment-ci ou de ce moment-là mais pourrait aussi bien être au Buffet de la gare à boire une bière et à regarder les jambes de la serveuse ou encore à prêcher dans les désert d'Utah ou bien à marier sa fille selon le rite juif...ou encore à ne jamais plus se lever ou même à ne plus vouloir s'endormir ou encore encore être parachutiste dans la 32 ème aéroportée ou encore encore en train de dresser la table dans un restoroute ou tenir un chenil ou un manège où il serait chien et cheval ou bien voilà président d'un club de foot, le PSG ou Celtic Glasgow mais ce n'est qu'un exemple..Anachorête dans le désert d'Atacama assis sur un nid de scorpions bavards..."On"alors qu'il écrit tout ça pourrait bien sûr être toutes ces choses de rien-là et bien d'autres comme un autre que "ON " par exemple à qui "On" dirait bonjour en se disant tiens je connais ce gars-là ou être aussi celui-là, ce non-"On" à qui dit bonjour ce "On" que "On" pourrait être et qu'il croit reconnaître même s'il n'est pas du tout mais pas du tout sûr qu'il le reconnaisse vraiment enfin c'est ce qu'il croit ... Il faut bien commencer quelque part, poser le pied même s'il n'y a rien sur quoi poser son pied...Ce n'est pas grave...Commencer est ce qu'il y a de plus difficile...Continuer alors est plus aisé, avancé comme "On" dit souvent à ses amis "Je" et "Tu", un pas puis l'autre et ...se donner l'envie d'exister...l'impression en tout cas...Alors "On" se dit que c'est bien mieux, qu'une fois installé dans le commencement, il n' y a plus qu'à se laisser faire, à l'étirer, l'étendre et l'allonger ..."On" ne s'imagine pas que les débuts sont si élastiques qu'ils vont jusqu'à toucher la fin...Continuer, c'est l'extension de l'origine...bon avec de moins en moins de matière, forcément...Continuer exige moins de rigueur que le commencement...Finir pose moins de problème...A vrai dire, croire qu'il a un problème à finir, c'est penser qu'on aurait pas dû commencer...Finir, c'est simple, les choses de rien s'arrêtent et voilà tout, et voilà rien...Mais "On" est curieux puisqu'il a continué, c'est que la curiosité lui travaille la langue comme un long ténia assoiffé de réponse...La curiosité permet à "On" de croire (j'ai déjà dit que "On" adorait croire) qu'il a eu raison de croire à croire à l'extension c'est à dire au continuum...Car ... "On" cherche quelque chose....Quelque chose qu'il ignore avoir sûrement déjà trouvé et qu'il ne peut plus trouver puisqu'il l'a...Ce qu'il est..."On"...Une façon de voir les choses comme stupéfaites, saisies, mat...innocence des choses pour qui rien n'arrive de leur faute..."On" ne verrait pas les choses de cette façon mais "On" vit toujours au présent dans chaque moment de chaque instant de chaque moment...Même si "On" sait que ça coule ou que ça se passe..."On" regarde les choses...Sa vie se résume à cela...une chambre close avec vue sur les choses, rondes, composées, carrées, sphériques, polyédriques, unies, solitaires, enchevêtrées...La prose des choses...Alors "On"respecte..et les poussières se posent dans ce vide qui s'appelle lui et qui le font éternuer...c'est toujours ça...lui...quand "on" frappe, au moins, il y a quelqu'un...et comme il y a certainement quelqu'un (c'est indubitable), "on" peut engager le dialogue et se dire mon vieux comment vas-tu, t'ai-je déjà parlé de, et de ou alors si ??
(Souvent "On" peut voir "On" débattre avec lui-même, souvent le matin encore plus souvent le soir, hochant souvent la tête d'un air navré, interpellant les murs ou les poubelles. "On" parle tout seul. C'est son mode de non-être.)
Parfois "On" ne sait plus...qui ou comment ça s'est fait que ça...ou que ça se soit fait de cette manière-là...ça...et puis ça...le dernier mot qu'"On"articule tout bas...ça...pour dire le peu de ça...le si peu de ça...ça qui englobe tout...ça plus grand que tout....ça...ça est bien apparu...inscrit en face de moi sur le mur jaune que je devrais repeindre...Une ride s'est mise à sourire...un mot trouvé, même un mot aussi insignifiant, aussi simple ou neutre ou vague que ça, c'est une pause...une pause dans ce qui se perd...ou plutôt non, pas une pose...la promotion du rien...., un nom qui fait vivre l'incongru...qui permet de pousser jusqu'à l'instant suivant...même tu ou insu...alors d'un coup...d'un coup un moment on est rassuré...car je suis ça au moins...Le progrès tonne comme une évidence, il y a enfin de l'individu..."Je" n'est plus "On"..."Je" est "Je" face à ça...C'est mieux...Mais "je" veut plus qu'être devant ça...devant cet homme, cette table, Théétête ou mon chien, ou ma télé...Ce que "je" veut, c'est être plus loin, aller plus en avant, appartenir totalement à ça, dans les choses comme dans le ventre de sa mère...donc "je" n'est pas là..."je" est ça..."je" s'aperçoit qu'il avance...les lieux ont disparu...ni là et donc pas d'ici...mais que faire du temps s'il n'y a plus d'espace...
Il faut savoir...Les choses sont crues...et surtout immobilités avides de prises... même le mobilier...Un désir permanent d'être prises, les choses, une soif de manipulation...Elles ne veulent pas de lunettes...aveugles...disent toujours Oui...mais dans le silence...une aphasie puis une paralysie des choses, la gravité des choses autour desquelles "je" tourne...en orbite...par exemple vingt-quatre heures ou plus sa rotation autour de ce pot de yaourt..."je" se déplace lentement...il faut les surprendre les choses...les enlacer pour les absorber...Les éliminer de l'entourage...voilà enfin de la pratique politique...effacer les choses de ça...justement éviter leur reproduction...aimer les choses, les faire mourir...
"Je" est donc ça...et une chose de ça parmi d'autres choses de ça...les choses se présentent dès lors sous un jour plus souriant...Et "je" pense que tourner les choses autrement l'aurait fait naître objet...mais l'objet est en excès, il est en trop sur les choses...superflu l'objet...il est le mascara des choses, l'objet...Ni "On", ni "Je" n'y croient...Ce n'est pas comme les choses...Ou ça...parce qu'il suffit que "je" ouvre les yeux ou écarte les narines pour qu'elles se mettent à stagner de plus belle...Les objets ne stagnent pas, ils ne vivent pas car ils n'exigent pas...
Il est de loin préférable d'être un "On" dans un "ça" qu'être un "Je" emprisonné dans des rêves d'Objets. Mieux vaut être seul que nu.
Il est de loin préférable d'être un "On" dans un "ça" qu'être un "Je" emprisonné dans des rêves d'Objets. Mieux vaut être seul que nu.
Le risque existe, le risque est. "On" franchirait le miroir. "Je" ferait les mêmes gestes, à l'envers. Ils seraient tous deux seuls, incapables de se toucher. Ils s'entendraient, se verraient, se sentiraient: mêmes mots, mêmes odeurs, mêmes faces. Pas de lien. Je n'ose pas imaginer l'infini si d'aventure "On" ou "Je" plaçait un miroir derrière sa tête.
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