Que dire encore ? Que dire des attentes mortes et des silences nus qui crient en ces murs, et de l'apaisement des âmes cachées, dévorées sous l'empire des masses, des poids et des volumes, l'aride vision qui alourdit le regard ailé des dauphins ? Les Confins sont le proche, l'interne de l'intime, ce qui advient dans l'entre-deux, lisières échancrées où la mer offense les limites qu'imposent aux heures la mort civile et la géographie des frontières. Nul n'est tenu à dire et l'aveu n'est que le mensonge des lois. Voir plutôt ce qui se dit et refuse de se dire, les confins qui rongent l'abîme tu des mots. Le vertige des choses mates.
Alors, sur la paume de la terre, enserrant entre les doigts brûlés le désastre des quêtes, et les heures étales qui les habitent comme des messages d'ecchymoses que laissent les cigales, j'ai hélé l'écho des coraux, le chant des hautes plaines sur le sol froid du Nord et j'y ai vu la possibilité de ce qui ne se peut. Un moment dans le sommeil des huitres, un instant heureux dans le rêve des mollusques, l'indigence des appuis de verre, la misère compacte des quais sans houle, la paix dans les vignes de sel, l'envers des écumes dans un ciel rougeoyant affamé d'aurores venimeuses.
Dire ne se peut et le silence est de trop aux Confins morcelés des nuages dormants et tout ce qui n'est pas né renaît lorsque le cri embarque ses îles derrière les portes muettes qui se meurent dans la chaleur opaque des foyers : au revers des étés, la doublure cristalline des hivers.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire