vendredi 8 mai 2015

Les Confins : Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(8)


Anneaux voilés, fleurs d'acanthe aux volutes de nuées sur des chapiteaux d'ivresse, tes confins si proches entre le désert de mes paumes, hantant ce qui, invisible, nourrit les fleurs de la charogne vermeille puis l'offrande cristalline de ta lyre où perce ta nuit et sa déchirure puis le cygne attelé à ton corps qui s'envole sans t'emporter sous la charpente des archanges

Anneaux obscurs, poudres sombres de la sève où je te baigne, et les plis où je te perds dans ce qui demeure, se fuit, et s'évade, lorsque tes yeux s'abandonnent et murmurent le silence de ce qui veut.  Nuit d'Assomption, nuit immense aux mailles chaudes, arène sans sabre où le sable se lève de tes estuaires et se noie dans l'envol de midi. Nuit où le jour luit sous l'astre de tes cils

Anneaux d' iode et de varech, arômes des îles aux rivages inbornés, confluents aux arabesques de cendres où s'hébergent l'écho magnétique des soupirs et sous les lunes de tes reins les longs sentiers des étoiles sans regards où s'ouvrent les visages changeant des amours toujours naissantes

Anneaux d'alliance et d'accueil, heures innocentes des épaves qui s'élèvent dans la royauté des soirs, quand, du baiser des proues s'éveillent ce qui fut immolé aux désirs sans être, quant, aux chants des empires nus, le choeur des ombres plante ses racines roses dans la bouche du ciel qui dévore la mer

Anneaux des naissances et des promesses, môles de guet aux milieux des morsures offertes, fouets aux brûlures de sel, errants au  hasard sur les méridiens aveugles, aux confins des dorures d'abîmes se confondent les eaux  et les rades où les mains se parlent dans la langue des poulpes et tout se noue et se défait depuis la solitude des silences lointains.


1 commentaire:

  1. Confins qui s' ouvrent en voies de mer. Le lent roulis des corps, dans le secret des chambres où contre toute nuit, l' œil brille comme un fanal..

    Un vrai voyage Cléanthe, encore, que ces Confins là..

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