vendredi 25 juillet 2014

Poèmes de l'insignifiance (15)

Pour tout et le néant aussi...

Pour tout ce qui s'enclot et se tait
Et s'avertit par ce qui le cache
Et s'annule par ce qui le dit
J'écris ces nuits qui couvrent les jours
Et les jours qui absorbent ces nuits
Et attend l'enfant et sa main
Pour me conduire en mon sein

Pour tout ce qui s'achève
Et se révèle par ce qui commence
Dans tout ce qui finit
J'écris les yeux des oranges
Les oreilles des citrons
Et espère des fruits nouveaux
Pour poser un toit par dessus ma boue

Pour tout ce qui vit
Et s'annonce par ce qui meurt
Et se retire dans ce qui nait
J'écris d'un sang nouveau
Les espaces clos de ma poitrine
Et hurle dans le silence des cris
Pour ébruiter un peu de ma chair

Dans cette âme, mon âme
Qui ne peut rien
Qui ne retient rien
Qui s'écoule hors de son lit
Comme une déchirure
D'où se montrent  les orbites du néant.

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