dimanche 6 juillet 2014

Poèmes de l'insignifiance (9)

Elle se tenait là vêtue de transparence
Toute nue sous ses habits opalins
Rien ne semblait la cacher
Que cette limpidité laiteuse

De cette opacité translucide
Il s'échappa une chrysalide
Plus diaphane encore
Que le vent des étoiles en été

Je bus à ses lèvres
La salive des pays heureux
Où les coloquintes se mêlent et s'enlacent
Sur des mousses chaudes et sucrées

Comme un pulpe humble mais puissant
Elle s'ouvrit sous les frissons humides
De ses liqueurs enfouies
Et apparut enfin hors de cette transparence
Qui la cachait

En elle je traçai un sillage
Profond et ténébreux
Qu'éclaira la beauté qui naissait dans ses yeux
Pour que la lumière se mêla aux tumultes

Bientôt le sillage se referma
Effacé de sa mer immense dans laquelle il s'était noyé
Elle scella son offrande
Dans la nuit de son énigme occulte

Depuis je me nourris de pauvreté
Et étreint cette compagne
De mes doigts affamés.

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