mercredi 30 juillet 2014

Poèmes de l'insignifiance (18, je crois)

Il y a des feuilles d'ombre qui dansent comme des najas andalous
Il y a des sommets qui roucoulent comme des pommes assoiffées
Et des lézards qui marchent sur des rampes de blizzard
Des anacoluthes bipèdes qui ronronnent la syntaxe bougeonne
Des touts et des parties et des touts de la partie
Et des parties du tout et aussi des enfants isolés qui crachent
Des stupeurs tombant des arbres étonnés et que brûlent des guillotines
Au feu! Au feu ! Toute cette misère ! Toute cette misère qui dort !

Toute cette misère qui accouche de l'homme
De l'homme aux vers tenaces creusant les cervelles
Ces monstres mensongers aux fois de fer
Qui tranchent et qui décident
Qui veulent et veulent et veulent
Sûrs si sûrs sûrs si sûrs
Comme des séminaires de morves
Pires canailles s' épuisant dans leur viande
Epaisses épaisses jusqu'à rejoindre la graisse divine
Et à manger ce qu'ils inventent
Leur inanité sublime, le boniment du ciel
A rompre le pain de ce qu'ils haïssent
pour aimer ce qui les dévore
Ô Dévoreur des cîmes
Celui qu'on attend dans  ce temps
Qui s'éprend de son propre dégoût
Et qui attend et s'attend
dans ce temps qui est ton temps
A toi et à moi

L'insecte.

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