Tristesse de brise
A peine sous la surface des miroirs
Et invisible cependant dans la couleur des fleuves
Poisson aux écailles grises
Reflète seulement l'arche pesant des nuages immobiles
Tristesse des lacs
Comme un venin qui s'échauffe
Fixe mes nerfs en des nœuds de feu
Où pousse la mandragore silencieuse
Et la jusquiame qui engendre les loups
Aubépine figée
Croix aux chemins sans sentier
Dont l'ombre géante obscurcit l'esplanade solitaire
Sans borne, sans abîme, grise jusqu'aux horizons insensibles
Où se décompose la foi des cristaux en de blêmes éclats
Ce qui se meurt
Dans le corps de ta tourbe
La chair blessée de l'enfant infini
Et ce qui y pleure et ce qui y songe
Des espoirs et des regrets de nacre, les poisons des passances
Rose du nord
Clameur arctique où l'iris se blesse
Aux bordures aiguës d'ivoire et d'enfance
Cette neige de lune chantée par les archanges
Cette époque où l'invisible et le béni se coulait dans mon lit
Ce qui soupire aux faites des arbres
Une tempête aux vents absents
Et des frissons de feuilles vibrantes
Sur des colonnades tordues aux chapiteaux de plomb
Que tu oxydes de tes chansons sans musique
Et quand , tristesse, s'envole de mes doigts d'encre
Les grilles où tu m'enfermes
Ce sont encore des pétales de chrome et de mercure
Qui recouvrent la tombe où je me terre et je me vis.
J'avais écrit un commentaire sur ce poème mais je vois qu'il n'apparait pas alors je recommence car j'ai peut-être oublié de valider...alors vous aurez à peu prés deux fois le même:)
RépondreSupprimerJ'aime particulièrement ce poème, pour ses images, pour ses couleurs, mais vous le savez, je ne sais rien dire de mieux, hélas. Je viens et reviens vous lire et vous relire, renouveler l'enchantement.
Merci Cléanthe.
si vous êtes enchantées alors..et puis de temps en temps un petit clin d'oeil...comme celui-ci...Merci aussi Alma
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