jeudi 31 juillet 2014

Poèmes de l'insignifiance (19)

Sans un geste, sans un mot
Aux fenêtres accoudé
Inspiré de cet air limpide
Qui soulève les nuages et élève les idées
Muet, léger et libre
Je m’abreuve de plénitudes lumineuses
Et mes pensées nues s’envolent dans l’air immense
Des mondes aux parfums d’infinis

Mais une tique vénéneuse
Jalouse et rancunière
Mord ma chair mentale
Elle s’agite, prolifère et m’encercle
Outrage et viole les échos fragiles de mon âme
L’air en moi devient morbide et chagrin

La haine et  ses décrets de vermine
Ont posé sur ma langue un magistrat
Bedonnant aux jambes arquées
Qui remplit ma bouche
De reptiles visqueux et funèbres

Il n’y a plus en moi
Que des escaliers sans fin
Empruntés par un misérable
Que trompent les lumières mauvaises
Des ténèbres fétides où survit son âme.

Dehors
La clarté qui se refuse.


4 commentaires:

  1. Je deviens banale dans mes commentaires : égal à tant d'autres, ce poème est très beau, on finit dans les escaliers d'Escher....

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  2. J'aime bien parfois ce genre de banalité. Oui, des escaliers qu'on monte pour descendre plus bas encore...

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  3. Ou que l'on descend pour monter...tant et si bien qu'on ne sait si ce sont de véritables escaliers. Marche avant, marche arrière: qu'importe. Seule compte celle sur laquelle on se tient.

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