jeudi 10 juillet 2014

Rumeur du monde (7)

Là où on ne peut voir

En la pierre partout la pierre
Aucun interstice ne rompt la plénitude
De cette densité tenace

La pierre ne s'offre à aucune clarté
Et n'accueille aucune ombre
La lumière et l'obscurité s'humilient
Face à cette épaisseur impénétrable

Identité compacte
Elle offre la figure de son obstinée permanence
L'entêtement et l'obsession d'être
Dominent les montagnes
Asservissent les cailloux

Matières opaques et bornées
Y dorment pourtant
Des miroirs d'émeraude
Aux chatoiements barbares
Imperceptibles
A ma vue infirme.

2 commentaires:

  1. Mystérieuses et fascinantes, ces pierres aux quelles on prête, sans doute à raison?, des pouvoirs...un sentiment de crainte aussi parfois.
    Nous avons en Corse la "Petra Uchiata", diorite orbiculaire qui emprisonne les ondes négatives. Beaucoup en possèdent dans les maisons, souvent à l'état brut sous la simple forme de gros caillou ...
    Je ne peux qu'être sensible à votre beau poème.
    J'aime beaucoup vos "miroirs d'émeraude aux chatoiements barbares".

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    1. Merci pour votre commentaire, bien plus émeraude que barbare..

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