dimanche 5 octobre 2014

Poèmes de l'insignifiance (37)



Les années, les mois et les jours
Les heures, les minutes et les secondes
Sont uniques et sans mémoire
La réalité n’a pas de passé
Et le moindre courant du fleuve
Ne rappelle aucun autre courant du fleuve
Rien ne revient
Et chaque saison est sa propre mère
Et son propre père

Le monde vient de lui-même
Et retourne à lui-même
Moi qui le regarde
Suis à moi-même seulement l’instant qui est
Tout est présent à soi
Il n’y a pas d’écart dans cette plénitude
Où je coïncide à ce que je sens
Aux souvenirs d’avenir
Aux chimères scintillantes
D’un devenir sans existence
Dans lequel nous croyons être né

Mais cette figure est le mensonge
De celui qui pense au lieu de sentir
Je suis sans visage, sans propriété et sans qualité
Je suis ce présent qui est vent, murmure ou flot
Oiseaux sous le ciel ou feuilles frissonnantes

Comprendre est la faille
D’une conscience qui efface
Pour unir et creuser des vides
Là où il n’y a que plein

Plutôt être un polype suspendu entre les eaux
Sans histoire et sans légende
Et qui n’est ce qu’il est qu’au moment où il l’est.

5 commentaires:

  1. mais qui n'écrit pas de poésies....

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    1. On ne sait jamais, tout est toujours possible, des polypes myopes sans passé dévorant et pourtant rimeurs de coraux.

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  2. Allo? Tu es là? Rachel pleure.

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    1. Comme son téléphone enfin je suppose-)

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    2. Je vois très mal (mais alors!) Rachel en clodette!

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